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K-LIZEÜM : Belges et Bizarres !


“ - Je vous assure mon cher cousin que vous avez dit bizarre.
- Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre...”
A l’instar de Louis Jouvet, vous pourriez bien, à l’écoute du nouvel opus de K-Lizeüm, répéter en boucle ce “Bizarre, bizarre...” qui inquiétait tant Michel Simon dans Drôle de Drame au temps où le cinéma était en noir et blanc.
Mais il n’est plus l’heure de se faire des films. On vous invite à le découvrir, ce groupe de Metal Wallifornien qui n’a pas encore atteint la reconnaissance que mérite à l’évidence son premier album “Libère Le Bizarre”.
Alors suivez-nous, on prend la doudoune, et on part en Belgique !
K lizeum album
K-LIZEÜM - Libère Le Bizarre (2018)
            


“J'ai appris sur le tas,
dans la crasse
des arrière-salles des bars,
parfois - mais pas toujours - déserts,
au milieu des poivrots et des oracles.”

Bonjour Jean-Marc. Peux-tu présenter K-Lizeüm aux lecteurs qui ne le connaîtraient pas ?
Jean-Marc Ernes (chant/clavier) :
Bonjour. Et bien K-Lizeüm est un groupe de Metal EN français (et pas un groupe de Metal français, parce qu'on n'est pas français en fait...) épique et fun ! K-Lizeüm est une déformation de Coliseum. Le cirque, le pain, les jeux, etc. On a bougé le C, on a mis un K à la place parce que le K est une lettre remplie de symboles, super graphique et que ça fait penser aux Men in Black, et on a enlevé le O parce que c'était nul et non avenu.
 
De quoi t'occupes-tu dans le groupe et pourrais-tu nous parler de ton parcours artistique ? Je m'occupe de la cantine. Je fais super bien à manger et mes comparses ont déjà tous pris dix kilos depuis qu'on a commencé à jouer ensemble. Accessoirement, je suis le chanteur (et donc l'auteur des textes). Je fais ça depuis plus de vingt ans, toujours avec la même passion qu'à mes débuts, si ce n’est plus. J'ai quelques groupes à mon actif, dont le plus connu et le plus proche de K-Lizeüm est D.Majiria. Du coup, j'ai fait beaucoup de live. J'ai appris sur le tas, dans la crasse des arrière-salles des bars parfois - mais pas toujours - déserts, au milieu des poivrots et des oracles, et aussi sur d'autres scènes plus vastes de notre plat pays.

Quel est le premier album de Metal qui a retenu ton attention ? Il y en a eu deux en même temps : Pornograffiti, d'Extreme, et The Real Thing de Faith No More. Mais c'était il y a des années, je n'écoute plus la même chose aujourd'hui.


“Il est plus que temps que l'on fasse
la révolution des poissons rouges.”

 
Après l'EP Premier Combat (2016), K-Lizeüm sort fin décembre 2018 son premier album, Libère Le Bizarre. Comment le dépeindrais-tu ?
Libère le bizarre
est une ode à la folie douce, à la différence... Nous vivons dans une époque où tout est codifié, structuré, organisé, réglementé... Même (et surtout) ce qui devrait être spontané comme l'art, de façon générale... Et c'est forcément le cas dans tout ce qui est mainstream, mais ça l'est aussi dans ce qui est moins conventionnel... Tout ça manque un peu de poésie et de lâcher prise... Il est plus que temps qu'on parte tous en vrille, chevauchant des armoires à glaces sur les pentes savonneuses pour distancer nos illusions perdues d'humains trop parfaits et pas assez fragiles... Il est plus que temps que l'on fasse la révolution des poissons rouges, que l'on dise non définitivement à cette société occidentale suborbitale qui tourne en rond, toujours axée sur l’ego d'un petit nombre qui peine encore à nous faire croire qu'ils ne sont pas aussi minables que ceux qui leur tournent autour !

“Notre premier public est francophone.
On veut l'impliquer dans nos chansons
également par les textes.”

J'ai aimé cet album dès la première écoute. J'ai été surpris par la sixième piste, "Déconnecté" : elle commence comme une chanson à la Stromaë et retrouve soudain un terrain Nu-Metal. Quelles sont les limites que s'autorise K-Lizeüm et quelles sont vos influences ?
En fonction de la réponse à la question précédente, on pourrait penser facilement que je te réponde “aucune”, et c'est le cas en ce qui me concerne : aucune limite ! On est très fans de System of a Down. Ce groupe se permet de partir en vrille quand ça lui chante. Ça reste cohérent car ils jouent sur leurs fortes personnalités et leur ancrage culturel. Je pense que c'est un exemple à suivre. Mais il y en a d'autres. Je parlais plus haut de Faith No More ; Mike Patton est un sublime exemple de "Rien à foutre des limites". Je pense aussi aux japonais de Maximum The Hormones.... Certes, notre style est pour l'instant plus sage mais c'est le début... C'est amusant cette comparaison avec Stromae. Ce qui est sûr, c'est que Déconnecté est un bon exemple de ce qu'on cherche à faire... Et l'importance du Français ici est primordial ! Notre premier public est francophone. On veut l'impliquer dans nos chansons également par les textes. Ce morceau, par exemple, parle des accros à Internet, dont je fais partie. On s'amuse à faire des références à Candy Crush, Facebook, aux bagarres sur les forums, aux adeptes des médecines parallèles... Avec humour et fun. Il y a un côté faussement tragique dans cette chanson, presque “opérette”... Ce que j'essaye de dire, c'est que derrière toutes cette folies qu'on cherche à provoquer chez l'auditeur, il y a un - voire des - message(s). On cherche à communiquer des idées, semer des graines de doute, en plus des grains de folie...
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K-LIZEÜM
Quelle serait ton titre préféré sur l'album, et qu'est-ce qui motive ton choix ?
Mon titre préféré est Oracle, parce qu’à chaque fois que je l'écoute, j'oublie que c'est nous ! Pas que j'aime pas ce qu'on fait, bien au contraire... En fait, c'est la première que j'ai écrite... Ces chansons ont une drôle d'histoire... J'ai connu Thomas il y a trois ans. Il avait rejoint Arcus, un de mes projets Rock. Il n'y est resté que quelques mois, mais assez longtemps pour qu'on s'échange nos "vieilles compos" - moi quelques chansons de D.Majiria ou de Rorcha et lui un album sans chant qu'il avait fait avec son frère quelques années auparavant. De mon côté, je voulais réanimer des anciennes chansons en lui proposant de créer de nouvelles maquettes à partir de ces dernières. Il m'a lancé le même défi : “si tu as des idées de chants : lâche-toi sur mon album”.
Comme à l'époque, on ne composait plus grand chose dans Arcus, je me suis lancé. J'avais plein de trucs à exprimer... J'ai d'abord fait du "yaourt" comme on dit, puis j'ai commencé à écrire des textes. En fait, j'ai même fait l'album d'une traite, sur une journée en totale impro, chez moi dans mon home studio. Les textes, ça a pris plus de temps. Ainsi tout ce qu'on entend de moi dans K-Lizeüm - ou presque tout car d'autres titres ont été écrits plus tard - a été fait dans une spontanéité quasi-totale... Et Oracle, c'était la première de cet album...

On sait que vous serez en concert le 27 avril au Rock Hody Festival à Marche-en-Famenne. D'autres dates sont elles confirmées ? Confirmées, non, mais on y travaille. L'album est sorti en décembre. On l'attendait pour démarcher.On est fin janvier. Ça va venir !
 

“Limiter le Rock au format
d'un album, même deux...
Ce serait se limiter.
On n'aime pas les limites !”

 

Vous tournez en France comme en Belgique. Le Metal vous semble-t-il bénéficier du même accueil et de la même exposition de part et d'autre de la frontière ?
Notre expérience française reste limitée, mais quelque soient les lieux où l’on joue, l'accueil est semblable... Un certain engouement. Notre enthousiasme semble communicatif, et c'est un des trucs qu'on cherche ! Par contre, ce style de musique est sous-exposé selon moi, voir snobé dans les médias traditionnels, sauf quelques rares exceptions comme le Hellfest. Mais bon... On sait que les médias traditionnels ne sont pas une démocratie culturelle.... Loin de là... (Très loin).
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Il ne reste de place sur l'arche de Noé que pour deux albums pour sauver le Rock et pour tout reconstruire dans la bonne direction. Lesquels choisis-tu ?
Aucun. Je prends des bons zikos et on réinterprète, on réinvente avec les animaux présents. S'ils veulent participer, c 'est encore mieux. On peut pas limiter le Rock au format d'un album, même deux... Ce serait se limiter. On n'aime pas les limites ! Et puis, c'est quoi “la bonne direction” ? Il y aurait “une direction”, sérieusement ? Il en faut plein : Un truc qui ne plaît qu'au couple de serpents et à leurs potes alligators, un truc qui va faire rugir les lions et les panthères, un truc qui va apaiser les vaches et les cochons, un truc qui fédère tout le monde et qu'on pourrait tous chanter ensemble... Avec seulement deux albums, on ne va faire que des malheureux et nous les premiers... On ne pourra plus les écouter après deux semaines. C'est long le déluge en plus... Et il pleut beaucoup... On se lasse de tout, même de ce qu'on vénère... Enfin... Moi, c'est mon cas...

Un titre du répertoire Rock qui pourrait être ta devise ? Contraddiction de Mass Hysteria. Ça dit "Provoquer la contradiction pour gagner la raison" ou encore "Ne cherche pas de limite ou de continuité dans mes pensées". Vive les hymnes à la liberté !

Merci beaucoup de m'avoir accordé cet entretien.​ Un mot pour clore l'interview ?

Cow-boy.
Et si j'ai droit à un deuxième : merci.
 
      
Ecouter K-Lizeüm sur Bandcamp : https://k-lizem.bandcamp.com/ Liker la page Facebook : https://www.facebook.com/klizeum/
 

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